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Veille au grain : pour une région Bourgogne—Franche-Comté sans OGM ni pesticides !
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Veille au grain Bourgogne—Franche-Comté est un réseau d’organisations qui œuvrent pour une agriculture sans OGM ni pesticides : associations de protection de l’environnement, de la santé, de solidarité, de défense des consommateurs…

Collectivités et pesticides, comment agir ?
Article mis en ligne le 2 mars 2015
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Réduire voire supprimer l’utilisation de pesticides dans les espaces publics

Pourquoi réduire ou supprimer les pesticides dans ma commune ?

- Pour garantir la potabilité de l’eau et réduire les coûts de traitement de l’eau

- Pour prévenir la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques

- Pour améliorer le cadre de vie des administrés

- Pour mieux protéger la biodiversité et notre santé

Le maire est responsable de la qualité de l’eau de sa commune.

Un cadre réglementaire de plus en plus exigeant

- Le bon état des eaux doit être atteint d’ici 2015 (Directive européenne sur l’eau de 2000)

- Tout traitement à moins de 5 mètres de tout point d’eau est interdit (Arrêté du 12 sept. 2006)

- L’usage des pesticides doit être réduit ou supprimé dans les zones
fréquentées par le grand public - Article 12 Directive 2009/128/CE du 21 octobre

- L’usage des pesticides doit être réduit si possible de 50 % d’ici 2018 (Plan écophyto2018)

- à partir de 2014, il faudra être titulaire d’un certificat (certiphyto) pour utiliser des pesticides à usage professionnel

- les espaces publics traités doivent être fermés au public pendant et après
l’application des pesticides.

Le conseil régional de Bourgogne lance un appel à projets : « Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages » afin d’accompagner un grand nombre de communes qui ne veulent plus utiliser de pesticides pour l’entretien de la voirie et des espaces verts.

Objectif zéro pesticides dans nos villes et villages » : c’est possible !

Une soixantaine de communes bourguignonnes ont réduit voire supprimé leur utilisation de pesticides : Nevers, communes du Grand Dijon, Auxerre, Beaune, Cluny, Fragnes, Montbard, Bellefond, Avallon, Gissey sur Ouche, Louhans, Sauvigny le bois, Saints en Puisaye, Villeneuve la Guyard, Germigny-sur-loire…

Le cimetière est souvent une zone de litiges quand il s'agit de se passer de pesticides (dessin : Nina Brandelik)

Cette démarche doit être progressive et globale : on ne supprime pas les pesticides du jour au lendemain. Les étapes suivantes sont conseillées :

- Etat des lieux des pratiques existantes : inventaire, audit

- Elaboration d’un plan de désherbage : évaluation des besoins des différents espaces selon leur fonction et leur localisation. L’usage des pesticides peut être conservé sur certaines zones restreintes (gestion différenciée) avant de les supprimer totalement.

- Sensibilisation et formation des agents techniques : ne pas sous-estimer les résistances à une nouvelle approche professionnelle.

- Sensibilisation et adhésion de la population : information sur les enjeux des pesticides. La communication est primordiale : l’adhésion des habitants et des acteurs impliqués facilite grandement la réussite du projet.

Désherbage mécanique (crédits photo : mairie de Feunay)

Quelques pistes pour diminuer voire supprimer les pesticides

- Aménager l’espace autrement : limiter la largeur des allées gravillonnées, les espaces sablés, les interstices le long des trottoirs…

- Occuper les sols libres : avec des paillages, en végétalisant avec des plantes couvre-sol (si possible avec des espèces locales), enherber les surfaces sablées…

- Désherber sans chimie seulement où cela s’avère indispensable, avec binette, balayeuse, désherbeur mécanique ou thermique, réciprocateur, sabot rotatif…

- Mieux accepter les herbes spontanées

Une nouvelle approche de la nature dans l’espace urbain s’impose :

Au lieu d’un univers fait de surfaces nues, considérées comme « propres », il faut apprendre à accepter la végétation spontanée, indispensable au maintien de la biodiversité, sans pour cela donner une impression de friche abandonnée. Une telle démarche n’est possible qu’avec l’assentiment des administrés, ce qui implique un effort d’explication et d’information.

Les communes peuvent être aidées !

Certaines dépenses (diagnostic, plan de désherbage, communication auprès des usagers, matériel…) peuvent être subventionnées par les Agences de l’Eau et par le Conseil Régional de Bourgogne.

Plantes locales couvre-sol (crédits photo : dijon écolo)

Témoignage de Jean-Pierre Devillechaise, maire de Germigny-sur-Loire (58320)
« Depuis un an, nous avons réduit l’utilisation de pesticides de 30 %, ce qui a généré 30 % d’économies. Cela implique le changement des pratiques de désherbage et nécessite de réfléchir autrement l’aménagement des voiries. Je ne suis pas favorable à ce que nos chemins soient tondus comme une moquette. Nous n’en avons ni le temps ni les moyens et nous devons essayer de maintenir le maximum de flore et faune dans ces lieux, tout en surveillant les invasions potentielles et rapides, comme les ronces dans les chemins. »

Pour aller plus loin

- Site du Conseil Régional de Bourgogne : www.region-bourgogne.fr

- La FREDON accompagne techniquement les communes souhaitant réduire leur utilisation de pesticides : www.fredon-bourgogne.com

- Agences de l’Eau
Rhône-Méditerranée Corse (www.eaurmc.fr),
Loire Bretagne (www.eau-loire-bretagne.fr)
Seine-Normandie (www.eau-seine-normandie.fr)

Mettre en place une cantine bio

Introduire le bio et le local dans nos cantines

(Crédits photo : Jean Michot)

En tant que maire, vous pouvez exercer votre responsabilité en termes d’achats publics, en introduisant régulièrement des produits biologiques dans les cantines. Vous pouvez d’ailleurs en justifier l’achat au détriment d’autres produits, grâce à plusieurs dispositions du Nouveau Code des marchés publics.

Introduire des aliments biologiques certifiés dans la restauration collective :

- C’est avoir la garantie d’une alimentation plus saine, garantie sans pesticides, sans OGM et peu emballée.

- C’est également un moyen de soutenir l’agriculture biologique locale, plus respectueuse de l’environnement et favorisant l’emploi équitable en zone rurale (30 % de plus que l’agriculture conventionnelle).

La part des établissements de restauration collective proposant des produits bio, ne serait-ce que de temps en temps, a progressé pour atteindre 40 % en 2010. Pourtant, seul un enfant sur trois a déjà eu un repas avec des produits biologiques alors que 75 % des parents des enfants qui n’en ont jamais eu le souhaiteraient.
La part du bio dans le montant total des achats des établissements a quant à elle doublé entre 2008 et 2009, pour atteindre 10 % en moyenne.

Quelques conseils pour introduire le bio en restauration collective.

- Associer tous les acteurs concernés (élus, gestionnaires, responsables des
achats, cuisiniers, diététiciens, convives, enseignants et parents d’élèves en milieu scolaire…) et évaluer les besoins et les capacités de l’établissement ;

- Travailler de concert avec la filière bio locale (SEDARB, GAB...) ;

- S’engager dans la durée avec les fournisseurs, s’adapter à leurs capacités et à leur rythme, ainsi qu’à la spécificité des produits bio (matériel de cuisine adapté...) ;

- Accompagner et valoriser l’arrivée des produits bio par une campagne de
communication.

L’État a fixé comme objectif 20 % de produits bio en restauration collective d’ici 20124.

« Oui mais c’est cher ! Comment maîtriser les coûts ? »

(Crédits photo : Magali Ringoot)

L’aliment biologique est un aliment de qualité, qui nécessite plus de main-d’oeuvre, pour un rendement à l’hectare inférieur. Le prix inclut aussi les frais de certification et de contrôle du produit.

Les denrées ne représentant qu’environ 30 % du coût global d’un repas, il peut être réduit grâce à quelques astuces :

- Repenser les menus et le nombre de plats : introduire plus de protéines végétales, réduire les grammages de viande... ;

- Privilégier les aliments de saison ;

- Privilégier les produits locaux, pour diminuer les frais de transports ;

- S’adresser à des fournisseurs spécialisés et limiter le nombre d’intermédiaires ;

- Limiter les gaspillages et les déchets ;

- Réfléchir à une prise en charge du surcoût éventuel (établissement scolaire, parents, commune...).

334000 repas bio ou partiellement bio ont été distribués en restauration
collective bourguignonne en 2008.

Pour aller plus loin

- SEDARB : Répertoire des agriculteurs bio de chaque département et accompagnement des communes : www.biobourgogne.fr - Téléphone : 03.86.72.92.24

- Repas bio en collectivité : site d’information de la FNAB : www.repasbio.org

- Vivrao : Mon Assiette Bio ma Pelle. Promouvoir et organiser l’introduction de produits bio locaux en restauration collective : www.monassiettebiomapelle.org

Organiser des évènements d’information sur les pesticides pour les habitants

Informer et sensibiliser / Le rôle de l’élu dans l’information du citoyen

L’élu local a un rôle à jouer dans l’animation du débat local sur les pesticides, les OGM, et plus généralement sur les questions agricoles, d’alimentation et d’aménagement du territoire.

- Pour faire vivre le débat citoyen d’actualité

- Pour informer les administrés sur toutes ces problématiques

- Pour accompagner la mise en place d’un projet : cette phase est primordiale car elle facilite le soutien de la population

Conférence de Claude et Lydia Bourguignon, Quetigny, 10/02/2011, 600 personnes présentes (Crédits photo : Jean Michot)

Comment faire ?

- Favoriser la circulation d’informations, par des articles dans les publications locales

- Organiser des réunions publiques, des conférences-débats, des projections de films, des expositions...

Seul ou avec l’aide d’associations, le conseil municipal peut prendre l’initiative d’inviter différents acteurs pour aborder un débat (scientifiques, représentants d’associations, élus d’une commune déjà engagée, paysans…).

Témoignage de Marie-Françoise PETEL, maire de Fénay (Côte d’Or)
« Depuis 2008, nous sommes engagés dans la reconquête de la qualité
de l’eau et nous avons déjà réduit de moitié les coûts et les quantités de
pesticides. Pour ne pas s’endormir dès les premiers résultats concluants,
il est important de changer les mentalités des concepteurs, lotisseurs,
aménageurs et habitants acquéreurs de parcelles. La sensibilisation doit
se faire dans le temps avec le soutien continu des institutionnels. Nous
informons et sensibilisons au maximum les habitants à travers le bulletin
municipal et les réunions publiques. »

Pour aller plus loin

- Site de la semaine sans pesticides : Du 20 au 30 mars de chaque année, en France et ailleurs, des collectivités, des entreprises, des associations et bien d’autres acteurs proposent des conférences, des projections de films, des débats, des expositions ou encore des spectacles, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles…
Depuis son coup d’envoi en 2006, cette initiative originale apparaît comme l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et prouver que l’on peut et que l’on doit se passer des pesticides.

- Veille au grain-Bourgogne à votre service !
Pour un accompagnement dans un projet d’information sur l’alimentation et l’agriculture (pesticides, OGM, alternatives…), Veille au grain-Bourgogne peut vous aider pour :
Organiser une réunion d’information (conférence-débat, projection de film…) : recherche d’intervenants, communication, soutien logistique…
Proposer des outils d’information : films, brochures, exposition...
La phase de sensibilisation des administrés est essentielle pour la réussite
des projets de la commune. N’hésitez pas à nous contacter !



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